Le Domaine des Tilles

XVe s. Echoppe de tailleur de pierre et tour de garde du pont de Bouxières (vestiges) (1477)

XVIIe s. Hôtel canonial et prévôtal du Chapitre des Dames Chanoinesses de Bouxières, édifié en 1640 sous la crosse de l’Abbesse Marguerite de Custine et de Lambertye, résidences de noble Louis Coquet, Curé de Bouxières et Chanoine de la Primatiale de Nancy, leur confesseur, et de Pierre-Nicolas Lemire, Prévôt et Intendant Général, et la maison de vigneron attenante, XVIIIe s. Demeure dite de « campagne », édifiée en 1765 par Albert Riston, Escuyer,Substitut du Procureur Général de la Cour Souveraine de Lorraine et du Barrois, et commentateur de la Coutume de Lorraine sous le ressort du Parlement de Lorraine.

I - LE SITE


Le Domaine des Tilles tire son nom des grands tilleuls qui ornent le portail arrière de l’ancienne entrée d’honneur, à l’intersection de la rue du Général Leclerc et de la rue de la Cheneau ; le domaine est constitué de parc, verger et potager.

Le site des Tilles est placé au-dessus de  la rue Saint-Martin, rue principale du Vieux Village de Bouxières ; il s’inscrit dans une courbe de niveau en avancée sur la vallée permettant d’observer, en amont, la vallée de la Meurthe avec Pixérécourt (entrée de Malzéville), Nancy et les deux tours de sa Primatiale devenue Cathédrale, Maxéville avec le Haut du Lièvre, Champigneulles, Frouard en face avec l’ancienne tour de l’Avant-garde et, en aval, le confluent de la Meurthe avec la Moselle

 II - L’ARCHITECTURE

 Une tour de surveillance préexistait sur ce site, créée par les Chanoinesses pour surveiller le pont de Bouxières qu’elles avaient édifié en 1070 pour franchir la Meurthe et ses abords marécageux, seul pont praticable pour passer d’une rive à l’autre à l’entrée de Nancy; ce pont est cité et figuré dans la Nancéide, lors de l’épisode du massacre par le traître Campobasso de 600 bourguignons tentant de s’enfuir lors de la bataille de Nancy, le 5 Janvier 1477, entre le Duc de Lorraine René II et le Duc de Bourgogne, Charles le Téméraire.

Bien qu’intégrée dans la maison du XVIIIe s., la structure de cette tour en pierre est visible, tant à l’extérieur, côté Nord, avec une embase de 100 cms  qu’à l’intérieur du grenier, au troisième étage, avec une ouverture en plein cintre permettant cette vue, ainsi que deux portes au rez-de-chaussée donnant sur la chambre de l’officier et sur celle des soldats.

L’existence de cette tour est antérieure à la construction de l’hôtel du XVIIe s. mais ne lui a pas survécu dans sa fonction d’observation, la proximité de cet hôtel empêchant sa vue sur la vallée.

L’échoppe ou atelier du tailleur de pierre (XVe s.) se trouve en façade de  la rue des Trois  frères Lièvre, à gauche de l’entrée dont l’enseigne représente une pierre taillée dans sa partie gauche et brute dans sa partie droite, pierre sur laquelle figure l’outil appelé « taillant grain d’orge ». On remarque l’ajout d’un symbole de vigneron, la maison du vigneron se trouvant à la suite de l’hôtel canonial, et donnant sur rue, à droite de l’entrée.

L’hôtel canonial et prévôtal du XVII e s. (1640) du Chapitre des Dames Chanoinesses de Bouxières a été édifié sous la crosse de l’Abbesse Marguerite, Comtesse de Custine et de Lambertye, cet hôtel était la résidence de noble Louis Coquet, Curé de Bouxières, Chanoine de la Primatiale de Nancy, leur confesseur, puis celle de Pierre-Nicolas Lemire, Prévôt et Intendant Général dudit Chapitre.

La maison de vigneron, avec trois grandes caves, dont l’une a été comblée, donnant sur l’usoir, a servi de refuge à la population durant la guerre de 1914-1918.

Jointive à l’hôtel, la demeure dite de « campagne », édifiée en 1765 par Albert Riston, Escuyer, Substitut du Procureur Général de la Cour Souveraine de Lorraine et du Barrois, et commentateur de la Coutume de Lorraine sous le ressort du Parlement de Lorraine.

Albert Riston, issu d’une famille de magistrats, a construit cette demeure, en appui, tant sur l’escalier d’honneur de l’ancien hôtel canonial habitée par son beau-père, Pierre-Nicolas Lemire, Prévôt du Chapitre et Intendant Général de l’Abbaye, que sur l’ancienne tour de pierre précitée, et ce, tout en sauvegardant le passage des voitures à cheval permettant aux chanoinesses de se rendre auprès du  Chanoine chargé de la célébration de la liturgie et de recevoir les confessions, ce passage pavé ouvrant par deux grandes portes vitrées, franchies  en direction de la rue des Trois Frères Lièvre.

La construction de cette demeure est contemporaine (1765) de la construction de la Place Stanislas ; des « pots à feu » soulignent le faîte du toit : son architecture correspond à la période Boffrand/Héré. La croix de Lorraine sur pignon et plusieurs taques de cheminée portant la couronne ducale rappellent l’ancien duché de Lorraine réuni à la France en 1766, à la mort de Stanislas le Bienfaisant.

III - LA DECORATION INTERIEURE


Au rez-de-chaussée, la salle à manger et le salon-bureau sont décorés d’huisseries en cèdre dont des moucharabiéh, et de décors de stucs et d’émaux, de provenance d’Algérie et du Maroc, installés en 1910 par le général-médecin Charles du Ros IV- LES OCCUPANTS

La même famille, parents ou alliés, a occupé cette demeure depuis l’origine jusqu’au début du XXe siècle : Charles-François Riston (1762-1788), ancien maire de Bouxières, Avocat à la Cour, époux d’Anne-Charlotte Deuzan, fille du secrétaire de SAR la Duchesse Anne-Charlotte de Lorraine, Jeanne-Charlotte Riston (1791-1868) épouse de Louis Cornet, Directeur des Contributions Directes, Caroline-Juliette Cornet (1824-1909) épouse d’Eugène Belliotte de la Ville-Alain, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, Officier de la Légion d’Honneur, dont Marie-Caroline décédée à l’âge de 14 ans, Yvonne-Marie Huyn de Vernéville, née en 1882, épouse de Louis de Scitivaux de Greische.

Les alliés des barons Riston, localement connus, sont, entre autres, les familles Baudinet de Courcelles (Lay Saint Christophe) et les comtes de Ludres-Frolois.

M. et Mme Charles du Roselle, M. et Mme Armand du Roselle ont demeuré  à cette adresse de 1910 à 2009.

M. et Mme Jean Mervelet et leurs enfants sont les actuels propriétaires (SCI LES TILLES).

 

Sources:
Monsieur Jean mervelet

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